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Gouvernement et Bourse


Ou comment Le Ministre des Finances a laissé passer une belle occasion de réhabiliter le Gouvernement !

Marrakech Vendredi 10 Octobre, milieu de matinée. Conférence des régulateurs des bourses des pays émergents.

Pendant une pause et en aparté, un groupe de financiers marocains attirent l’attention du Ministre de l’Economie et des Finances sur ce que vit la bourse de Casablanca en cette matinée du vendredi 10 : panique générale, baisse frisant les 6% avec les conséquence en chaine que cela peut avoir. Ils lui demandent d’agir auprès des principaux institutionnels pour qu’ils soutiennent le marché. Le Ministre n’est visiblement pas convaincu de l’utilité d’intervenir.

En milieu de journée vendredi, la CDG intervient massivement et achète. Le marché se redresse et termine presque à l’équilibre.

Lundi le redressement se poursuit et la bourse termine + 4.5%. La CDG, au passage, fait de belles plus values !

Que s’est t-il passé dans les 2 heures qui se sont écoulées entre le refus du Ministre d’intervenir et l’intervention de la CDG ?

Selon plusieurs sources, les opérateurs, devant l’absence de réaction gouvernement (Premier Ministre et Ministre des Finances plus particulièrement), inaction qui dure depuis le début de la crise, auraient préféré soumettre le problème ailleurs.

La réaction a été rapide et à la date d’aujourd’hui (lundi 13 à 18h) efficace.

Encore une fois, par son inaction dans un moment critique, un ministre apporte une pierre supplémentaire à l’édifice de ceux qui pensent que ce gouvernement fait de la figuration et que le vrai pouvoir est ailleurs !

Le Maroc touché par la crise?

Dans une déclaration faite le lundi 6 Octobre 2008, Robert Zoelick, Président de la Banque Mondiale tirait la sonnette d’alarme sur l’impact de la crise financière sur les pays en développement :

Les événements du mois de septembre pourraient complètement changer la donne pour de nombreux pays en développement. Une chute des exportations ainsi que des entrées de capitaux provoquera un fléchissement des investissements. Le ralentissement de la croissance et la dégradation des conditions financières, conjuguée à un resserrement monétaire, entraîneront la faillite d’entreprises et créeront peut-être des situations d'urgence dans le secteur bancaire. Pour certains pays, ces dérapages seront les précurseurs de crises de la balance des paiements. Comme c'est toujours le cas, ce sont les plus pauvres qui sont les moins à même de se défendre.


A ce jour, il n’y a pas de réaction du Gouvernement sur l’impact de la crise sur le Maroc. Un exposé du Ministre des Finances a surtout abordé l’absence prévisible d’impact direct de la crise des subprimes sur les banques marocaines. Il était aussi rassurant sur les performances de la Bourse de Casablanca.

Le Maroc a choisi l’ouverture économique. Ses avantages sont connus. Ses inconvénients aussi. Même si on fait semblant de les ignorer.

Tourisme, exportations, investissements étrangers, transferts des marocains à l’étranger… ne peuvent pas ne pas être impactés par la crise !

Peut-on raisonnablement continuer à garder le silence et faire semblant d’ignorer ce qui ce passe ?

Réponse dans une dizaine de jour pour la présentation du Projet de Loi de Finances 2009